Violence à l’égard des femmes : discussion en ligne entre jeunes marocains et jeunes soudanais

En célébration de la Journée internationale pour l’élimination de la violence à l’égard des femmes et pour marquer les 16 jours d’activisme, les Centres d’Information des Nations Unies à Rabat et à Khartoum ont organisé, dans le cadre de leurs activités de sensibilisation et d’information, une rencontre virtuelle entre jeunes marocains et soudanais, sous le slogan: « Jeunes en action: violence à l’égard des femmes et des filles au Maroc et au Soudan ». 

Jeunes marocains

Jeunes marocains

Cette initiative lancée par le Département de l’information des Nations Unies, a réuni le 8 décembre 2014, 16 étudiants et jeunes militants des deux pays pour traiter des questions liées à la thématique de la violence à l’égard des femmes et des filles et échanger leurs expériences et points de vue sur le rôle joué par les jeunes dans les deux pays et leur engagement pour prévenir et lutter contre cette violence.

Mme Mai Nour du Soudan a informé les participants sur « Ana Lan » (je ne veux pas), campagne visant à lutter contre la pratique néfaste des mutilations génitales féminines, qui menace toujours des millions de filles au Soudan. « Ana Lan est une plate-forme pour les jeunes soudanais pour exprimer leurs opinions contre les MGF. C’est aussi un processus de guérison pour toutes les femmes et les filles qui ont été touchés par cette pratique inhumaine « , a déclaré Mme Nour.

 

Jeunes soudanais

Jeunes soudanais

Les mutilations génitales féminines est l’une des pratiques les répandues dans la société soudanaise. Une autre initiative présentée lors de cette discussion fut la campagne « Saleema» qui signifie «intacte» ou «dans un état donné par Dieu». Cette initiative nationale a été lancée en 2008 dans le but de mettre fin aux MGF au Soudan en encourageant les parents à mettre fin à cette pratique néfaste contre les filles.

Le plus jeune participant à la discussion, Ibrahim Anjare, a informé sur le rôle joué par le Parlement des enfants au Maroc à travers la sensibilisation des enfants à leurs droits, et la défense des droits des enfants et la lutte contre la violence à l’égard des filles au niveau national. Le parlement des enfants émet des recommandations et des propositions aux institutions nationales pour appeler à mettre fin aux violations des droits des enfants.

Mme Jihad Zahir, un FNUAP Y-Peer volontaire a soulevé le problème du mariage des enfants au Maroc, ses causes et ses conséquences. Mme Zahir croit que le mariage des enfants expose les filles à de sérieux préjudices et mène souvent aux grossesses précoces et aux violences sexuelles. Elle a également précisé que malgré le fait que l’âge minimum pour le mariage soit fixé à 18 ans et que les exceptions soient soumises à l’autorisation du juge de la famille, le phénomène du mariage des mineurs est toujours une réalité au Maroc.

Amine Belghazi, jeune journaliste marocain, a souligné le rôle essentiel que joue la presse écrite pour sensibiliser et appeler à une action commune en vue de mettre fin à la violence à l’égard des femmes et des filles, au Maroc.

Cette discussion de deux heures a porté essentiellement sur les diverses formes de violence contre les femmes telles que les violences dans les zones de conflit, les mutilations génitales féminines, le mariage des mineurs, la violence domestique, la traite humaine, le viol et la violence sexuelle. Les participants ont également discuté les cadres juridiques des deux pays et le rôle crucial joué par les jeunes, les médias et les chefs religieux.